Phileas Fogg Project 2009

Journal de bord de 3 malouins sur les routes d'Asie d'Octobre 2008 à Mai 2009...

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Ze Best of India

En complément du billet précédent, pour les endormis, voici nos meilleures vidéos indiennes! Have fun !

Namaste india

Jour 61 – Distance parcourue : environ 16 230 km dont 7 100 km en avion, 5 900 km en train, 1 900 km en voiture,  1 300 km en bus plus une poignée de kilomètres en bateau, soit près de 197 heures de transport de toutes sortes en 60 jours ! Vous l’aurez compris, après 2 mois de bons et loyaux services, il est l’heure de dire « bye-bye » à l’Inde et de dresser un petit bilan…

Mais avant, nos derniers jours indiens auront été bien riches en émotion (à l’image du séjour finalement !). Fuyant la torpeur de Delhi, nous sommes allés nous réfugier au pied de la chaîne de montagnes de l’Himalaya, dans le nord de l’Inde, à Rishikesh plus précisément où serpente le célèbre Gange, Max décrétant qu’un voyage en Inde ne saurait être complet sans admirer le fleuve sacré. Après donc 8 heures de train (où j’ai non seulement retrouvé mes compagnons les cafards, qui, cette fois, avaient décidé de squatter mon duvet, mais où j’ai aussi pu assister à un concerto de ronflements indiens, une quarantaine de musiciens au bas mot - j’ai eu le temps de compter pendant ma nuit blanche-. C’est fascinant comme l’indien ronfle fort…), nous sommes donc arrivés dans un premier temps à Haridwar, à une cinquantaine de bornes de Rishikesh, en aval du Gange. 7 heures du matin et les rives du fleuve accueillaient déjà les premiers adeptes hindous se purifiant par la baignade dans une eau à quelques degrés… Gageons qu’ici, la température ambiante avoisine les 15° C en journée, nous avons d’ailleurs ressorti les jeans et autres pulls… Douce transition vers les températures négatives qui nous attendent à Pékin !

Ensuite direction Rishikesh… Quel choc ! Nous pensions notre voyage terminé, nous passions le temps en attendant l’avion et puis finalement, il restait des atouts dans la manche indienne (Ce pays est assurément surprenant…) Rishikesh ! Magique, somptueux, calme, aéré ! L’endroit invite volontiers à l’évasion, à l’inspiration même (d’ailleurs la ville est célèbre pour avoir été la retraite pendant plusieurs mois des Beatles, où ils ont composé quelques uns de leur plus gros succès…). Une après midi à flâner sur les berges de sable blanc le long du Gange et j’étais près à écrire un roman ! (Bon je me suis contenté de cet article !). L’eau turquoise, les truites bondissantes se goinfrant d’insectes, les rochers à l’érosion si particulière, les chutes d’eau frémissantes, les sadhus errant, tous ces éléments qui font de Rishikesh un lieu unique, véritablement ressourçant et apaisant… Tout ce qu’il nous fallait pour terminer sur une note positive !

Nous voici désormais de retour à Delhi (Je vous épargne les détails du voyage retour en train, j’ai halluciné !), fin prêts pour le décollage vers la Chine demain matin à 4 heures…

L’expérience indienne se sera finalement super bien déroulée, malgré quelques péripéties. Ces 2 mois auront été en quelques sortes un baptême du feu pour Max et moi, petits voyageurs sans que nous fûmes !

On aura aimé :-) :

  • « L’indian spirit » : Juste unique et indescriptible… Parfois déroutante, souvent amusante, la logique indienne est très particulière à saisir… A vrai dire, on essaie toujours…
  • Les lieux aux paysages fantastiques. Dans le désordre : Les ruines d’Hampi, les plantations de thé de Munnar, le safari dans le désert à dos de chameau, le somptueux Taj Mahal, les plages paradisiaques de Goa, les rives du Gange à Rishikesh, etc. Ajoutez à cela le plaisir de la surprise, en découvrant un endroit fantastique au moment où l’on s’y attend le moins, le voyage devient un pur délice…
  • Le plaisir de voyager dans ce pays immense, avec beaucoup de facilité. Le plaisir aussi de monter dans ces bus à l’agonie, de scruter le paysage à l’affût de la moindre étrangeté, ou en train, dans des conditions parfois difficiles mais ô combien marquantes…  
  • La nourriture d’une manière générale, notamment celle de ces petites échoppes de rue …
  • Les films de Bollywood ! Nous mais AU SECOURS ! Qu’est ce qu’on a pu se poiler Max et moi devant ces chefs d’œuvres du cinéma indien ! Le ridicule est un art, nous sommes fans !
  • Appeler tous les indiens Chukresh et Chukresha… On se moque, mais par ce qu’ils le valent bien !
  • Les copieux petits dèj’ et les jus de fruit frais, tout au long de notre séjour !
  • Les filles en string à Goa ! (Ben ouais, on des mecs avant tout !)

On n’aura pas aimé :-( :

  • Bien évident la misère, les mendiants. Nous en avons très peu parlé sur ce blog, mais j’imagine que le plus gros problème de la société indienne doit être leurs millions de mendiants. La pauvreté n’épargne personne, même si nous avons souvent eu l’impression que ce sont toujours les mêmes les plus touchés : Mères célibataires, veuves, enfants, vieillards et estropiés. Nous avons parfois observé des malformations chez ces derniers que nous n’aurions jamais crus possible si nous ne l’avions pas vu de nos propres yeux... En somme, un spectacle très cru et très dur, d’autant plus que nous avons eu un sentiment de totale impuissance...
  • Définitivement les rabatteurs et chauffeurs de taxi/rickshaws TRES LOURDS, TROP LOURDS..! Ils nous auront véritablement pourri notre fin de séjour, ne pouvant pas faire quelques pas dehors sans subir leur harcèlement incessant… (Je sais, les mots sont forts, mais à la hauteur de notre exaspération). Une semaine de plus et sûr, ca finissait en meurtre…
  • D’une manière générale, les grandes villes, pour les raisons précitées : Agra, Delhi, Chennai…
  • La saleté ambiante. Quoiqu’on fasse, il a fallu s’habituer à vivre avec la crasse en permanence… Une douche, une balade en ville et déjà sale… Le système immunitaire a dû bosser pour nous !
  • La politique de prix indiens/étrangers… Je sais que le coût de la vie n’est pas le même, mais je ne sais pas, qu’un indien paye 20 roupies pour visiter le Taj Mahal et un étranger 750, moi ca me gonfle, je trouve ca vraiment malsain. Quand on extrapole à toutes les attractions touristiques, j’ai un peu eu l’impression de me transformer en pigeon… Rou rouuuuu…
  • Euh… Les mecs en string à Goa… (Y’a pas une loi qui interdit ce genre d’horreur ??? Peut-être que ces types n’ont pas été prévenus que c’était juste pas possible !!!)
  • Se percer le tympan à Goa (Surtout moi d’ailleurs…)
  • Le bruit...Trop de bruit, de klaxon, de gens qui parlent fort, trop fort... :-(

C’est un voyage assez unique que nous avons eu l’occasion de réaliser ici en Inde. Bien que nous sommes contents de partir, que nous sommes vraiment épuisés moralement (si si, au bout d’un moment, c’est dur !), que nous avons hâte de retrouver une autre culture, des nouveaux codes, des nouveaux lieux, nous savons déjà que nous avons vécu quelque chose d’assez exceptionnelle ici. Pour tous les voyageurs, l’Inde est un pays fascinant, avant notre départ, toutes les personnes l’ayant visitées ne tarissaient pas de commentaires à son propos. J’ai vraiment entendu tout et son contraire, même parfois, des choses insensées ! On m’a prédit qu’on ne revient pas tout à fait le même de ce pays, je ne pense pas avoir profondément changé (yé sui touyour lé mem !!!), mais ce qui est sûr, c’est que je n’aurais désormais pas le même regard sur notre confort de vie en France. Même si je le savais déjà avant, ça fait du bien de le vivre ce genre d’expérience, de se confronter à des situations difficiles, à la réalité d’une misère que nous ne connaissons, malgré tout, pas en chez nous (Je n’ai pas dit que la misère n’existe pas en France hein !), pour se rendre compte que ce n’est pas si mal à la maison !

Bref, un voyage référence qui restera dans nos esprits, très positif, je sais déjà qu’il y aura un épisode deux, mais ça, ce sera une fois toutes nos (més)aventures digérées !

Namaste India, Ninhao Beijing ! 

Rassurez vous...

Jour 57 – Température moyenne : ~25°C :-(

...ici, tout va bien pour nous même si Delhi commence à nous sortir par les yeux… Pollution, bruit, coût de la vie très élevé, trop de monde au m², ca fait presque une semaine que nous avons posé nos valises ici et nous commençons à saturer très largement… Comme les plages de Goa et le calme du Kerala semblent loin… Mais voilà, encore une fois nous relativisons, il fait meilleur être à Delhi qu’à Bombay en ce moment… Bien qu’au cœur de cette triste actualité, vous devez être en France bien plus au fait des détails des attentats que nous, étant un peu sevrés d’informations, la majorité des journaux étant en hindi et n’ayant pas la télé non plus…

Nous avons donc partagé nos derniers jours entre glande, Nintendo DS, série TV (vive l’ordi) et quand même quelques balades dans la ville et dans un (minable) zoo, limitant les activités trop coûteuses, le budget pour le poste « inde » étant largement explosé, notamment à cause de notre chauffeur du Rajasthan et son prix exorbitant… (Après coup, faut avouer, nous nous sommes vraiment faits archi-arnaquer! :-() . Tant pis, nous ferons mieux dans le prochain pays !

Pour éviter le « pétage de plombs » à quelques jours de notre vol (ce serait dommage…), nous partons ce soir en train dans les montagnes au nord de Delhi, plus exactement à Rishikesh, ville réputée pour le yoga et la méditation, afin d’y passer la semaine… Voilà qui devrait nous faire du bien, un peu de calme dans ce monde de fous…

Delhi la terrible

Jour 53 – Distance parcourue : 15 610 km

En ce 53ème jour de voyage, nous voici de retour dans la capitale indienne, Delhi la terrible, finalement pas si terrible que ca ! Après 33 heures de train (classe 2AC, le confort en plus, la bonne ambiance en moins…), nous sommes arrivés à la gare de New Delhi gonflés à bloc. Gonflés à bloc car notre premier passage de quelques heures seulement ici s’était soldé par une succession d’arnaques en tout genre. Cette fois donc, pas question de se laisser embobiner ! Et effectivement, après 50 jours à sillonner l’Inde, l’expérience aidant, nous avons trouvé un très bon hôtel à bas prix en moins d’une heure, esquivant habilement les rabatteurs qui nous avaient eu a l’usure lors de notre premier passage. Une fois délestés de nos fidèles compagnons les sacs à dos, nous nous sommes mis à arpenter la cité. En fait Delhi, c’est une ville assez particulière, mélange hybride entre capitale occidentale et ville indienne, avec ses quartiers animés, grouillants et chaotiques (Main bazaar, où nous logeons…), son centre-ville étincelant pour néo-bourgeois indiens où se succèdent les grandes enseignes internationales (Reebok, Nike, Mac Donald, KFC, etc.), ses clubs ultra-chics sortis d’un épisode de « Sex & the city » où boire deux bières vaut un mois de salaire moyen indien, et sa banlieue où s’alternent bidonvilles et quartiers résidentielles. Certes, ce n’est pas vraiment le genre de ville idéale pour deux voyageurs à petits budgets comme nous, mais avouons le, ca fait du bien de retrouver (un peu) une façon de vivre à l’occidentale !

Nous sommes donc aussi sans passeports depuis deux jours, les sésames étant à l’ambassade de Chine pour l’obtention de nos visas (c’est quand même la raison principale de notre retour anticipé à Delhi, notre avion pour Pékin ne décollant que le 6 décembre…). J’ai été très étonné de la facilité des démarches pour les visas ici, je m’attendais à quelque chose de très compliqué et finalement, même si nous avons dû nous y prendre à deux fois, nous devrions normalement avoir le droit d’entrée sur le sol chinois d’ici à la fin  de la semaine ! (Petite pensée pour Marie, merci d’avoir essayé de nous trouver un contact en Chine, mais ici, pas besoin !) Du coup, nous profitons de cette attente forcée pour nous reposer et faire du tri dans nos affaires, et notamment envoyer ce colis que nous trainons avec nous depuis 3 semaines ! Ah la poste indienne ! Encore une expérience à vivre ! Nous avons l’habitude en France de râler après la lenteur de notre poste nationale, mais attention, ce sont des éclairs de rapidité par rapport aux postiers indiens ! Ici c’est un véritable sketch ! Déjà, ils sont dix dans l’agence mais un seul travaille. Le chef lit le journal dans le bureau du fond, les vendeuses de timbres mangent leur déjeuner en discutant, plusieurs types dans un coin se marrent en jouant aux cartes (j’ai cru comprendre que c’était la branche bancaire du bureau de poste !) et un autre dort sur les fauteuils de l’entrée. Bref, deux étrangers perdus qui veulent envoyer un colis c’est loin d’être leur priorité… Après avoir fait la queue une demi-heure, nous comprenons qu’il faut préparer le colis à l’avance, l’emballer dans du tissu blanc et remplir une déclaration de douane. Et tout ça, bien sûr, c’est un type dehors sur le trottoir qui le fait ! Finalement, après deux bonnes heures, nous réussissons enfin à envoyer notre paquet… Je vous jure, plus jamais je rale quand je vais à la poste en France ! Idem pour la SNCF indienne, pour réserver un ticket ici, il faut avoir une matinée à perdre… Non seulement  il faut connaître par avance quel train prendre, remplir un formulaire détaillé avec l’heure de départ, le numéro du train, etc. pour que l’agent n’ait plus qu’à saisir et imprimer le ticket, et malgré tout, il y a des queues interminables, avec pour seule distraction le lynchage collectif du pauvre indien qui essaie de griller tout le monde dans la file d’attente (C’est très fréquent)! Vraiment, cela fait relativiser !

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